… on m’a appelée “Poupée”

8 Oct

Quand j’étais petite, j’écoutais le vieux disque de mes parents de “La poupée qui fait non” et je me rappelle éprouver un vrai plaisir à remuer la tête et secouer la belle frange de mes 5 ans pour exprimer mon esprit de contradiction et pouvoir dire “non” juste pour le fun! Bien entendu, je ne savais pas trop de quoi la chanson parlait, mais à l’époque j’aimais les poupées et je pouvais faire semblant d’être une rebelle. C’était suffisant pour élever Polnareff au rang de chanteur préféré! En réécoutant la chanson aujourd’hui, je me rends bien compte que ce gourgandin de Pölnareff essayait vainement de convaincre une petite cocotte de fricoter avec lui et que celle-là faisait sa mijaurée, au plus grand regret de monsieur Popol. La poupée n’était pas si docile que ça…

Il y a de ça quelques semaines, je suis allée dans mon café préféré et après avoir payé la note, le serveur me tend la monnaie et me gratifie d’un “thank you doll” (“merci poupée” pour les non-anglicistes). Sur le coup je n’ai pas vraiment réagi. J’ai rangé mes petites pièces, passé la porte quand soudain je me suis retournée et exclamée “Je rêve où il vient de m’appeler poupée?!?”

Je ne rêvais pas, j’étais seulement en Australie, le pays des koalas, où tout le monde est ton pote et où tu es la poupée de n’importe qui! Tout ça part d’un bon sentiment. Je suis une cliente fidèle et de temps en temps je discute un peu avec les serveurs alors disons que je suis une habituée des lieux. Mais de là à devenir aussi intime? Il semblerait que je sois la seule à être un peu dérangée par cette appellation. Disons-le franchement, je crois que ce qui me gêne le plus n’est pas la familiarité mais bien le terme en lui-même. Mais quelle image renvois-je pour être ainsi traitée de pépette? Je n’avais pourtant pas mis de rouge à lèvres criard ni de talons de 15 cm. Est-ce que les hommes ici sont si décontractés qu’ils ne voient pas le mal à s’adresser aux femmes ainsi? Si j’observe un peu les individus de sexe féminin autour de moi, oui, on dirait bien qu’elles adorent quand le petit serveur leur dit “merci ma chérie” ou ” à bientôt darling”. Chacune trouve son bonheur où elle peut!

Disons aussi que les serveurs des cafés ne sont pas les seuls à prendre leurs aises avec des inconnues. Je me rappelle mes premiers temps ici lorsque je rentrais dans un magasin. Bizarrement, la vendeuse me demandait toujours si j’allais bien aujourd’hui et si je passais une bonne journée. La première fois, j’ai dû me concentrer fortement pour essayer de me souvenir si peut-être on s’était croisées dans une soirée ou si on avait une amie en commun. Je ne voyais vraiment pas pourquoi une parfaite inconnue s’intéresserait à ma journée! Surtout venant de France où les vendeuses sont au mieux présentes pour te filer une robe dans ta taille mais où le sourire est largement en option!

Pendant quelque temps je me suis même dit que la caissière devait être ma meilleure pote parce qu’à chaque fois que je passais vers elle, j’avais droit à un “salut ma chérie quoi de neuf!”. Alors que je débarquais dans ce pays inconnu, je me disais que finalement c’était facile de se faire des amis rapidement! Il suffisait que je sorte ma carte de crédit et tous les vendeurs et autres serveurs devenaient mes confidents les plus proches!

J’avoue ici ma naïveté des mes jeunes années! Bien sûr, ces gens-là n’en ont rien à faire de votre vie! Et alors que je me mettais à raconter mon week-end en payant mes courses de la semaine, j’ai fini par comprendre que la caissière s’en tamponnait la rate et que c’était seulement une façon pour eux d’être polis et de vous faire croire que vous aviez de la valeur!

Une fois cette dure révélation digérée, je me suis mise à m’amuser de cette manie et je me suis transformée en mythomane de la caisse automatique! A chaque question “tu as passé une bonne journée?”, je trouvais la réponse la plus improbable. Ma préférée: un mardi après-midi, alors que j’étais au chômage et en jogging-j’ai-la-flemme-de-mettre-des-vrais-vêtements, j’ai osé répondre que j’étais un peu fatiguée parce que je venais de finir une opération à cœur ouvert sur un patient. Tout ça alors que je n’avais rien d’autre à faire que d’aller au supermarché acheter de la salade à 3 heures de l’aprèm!

“C’est une poupéééééée, qui se fout de toi woa woa!”

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… j’ai couru 10 km

29 Sep

Pour certaines personnes, courir 10 kilomètres fait partie de leur routine hebdomadaire voire quotidienne! Je parle de ces freaks qui courent pour le plaisir tous les week-ends, ceux qui sont légèrement accros au jogging et qui sont prêts à dormir avec leurs baskets pour taper le pavé dès le petit matin!

Bien entendu, je ne fais pas partie de cette secte! J’aime faire du sport mais je ne suis pas du style à chercher la super performance et disons que je n’ai pas vraiment l’esprit d’équipe non plus! Autant dire que l’exploit de tenir la distance pendant 10 km vaut bien un article dans mon blog!

Petit flash-back d’une dizaine d’années en arrière.

Me voici en gentille lycéenne de terminale L. Je déchirais pas mal en cours d’anglais et de littérature mais autant vous dire que les heures d’EPS n’étaient pas en haut de la liste de mes priorités! Cette année-là, j’avais réussi à échapper à l’épreuve de la piscine. Traumatisée en 1ère par la vue disgracieuse de mes camarades en maillots une pièce et bonnets collants, j’avais décidé en Term de choisir endurance pour le bac. Pour moi, le choix entre natation et endurance s’apparentait un peu à ce jeu où on vous demande si vous préférez être aveugle mais avec vos deux jambes ou cul-de-jatte mais en pleine possession de vos mirettes… Le seul avantage de l’endurance était de ne pas avoir à être super bien épilée toutes les semaines! A part ça, honnêtement, je crois que j’aurais préféré me pendre!

Résumons maintenant le concept de l’épreuve d’endurance pour le bac: nous devions courir 20 minutes dans le froid du mois de décembre autour d’un stade de foot boueux et déprimant au bord de la Saône. Rien de bien compliqué en soi mais forcément, la motivation me manquant, j’avais réussi à faire un temps pourri! Il faut bien dire aussi que lorsqu’on se planque derrière une haie d’arbres pendant une bonne partie de la course, le tour de stade par minute n’est pas franchement fameux! Pour le coup, même l’aveugle et le cul-de-jatte devaient courir plus vite que moi!

En fin d’année, au moment des résultats du bac, le couperet était tombé. Moyenne d’EPS: 10/20 tout rond! Les sports des deux autres trimestres avaient dû remonter la note honteuse d’endurance! Vous me direz que je l’avais bien méritée, je n’avais qu’à me donner des coups de pieds aux fesses et me forcer à courir plus vite! Certes, c’était ma faute mais je garde malgré tout une rancune incommensurable envers mon prof de l’époque puisqu’à cause de cette moyenne naze, j’avais loupé la mention très bien! Bien entendu, ma performance était pathétique mais au moins je ne m’étais pas faite dispenser pendant tout le trimestre! L’important c’est de participer non? Si ça marche pour les JO, je ne vois pas pourquoi cette devise ne pourrait pas être appliquée aux greluches de TL!

On aurait pu croire que cette expérience traumatisante avec la course à pieds mettrait fin à mes ambitions de joggeuse. Que nenni mes amis! Depuis le lycée, je continue de courir! Après quoi? Telle est la question! Mais je cours!

Certains d’entre vous se souviendront de la course de 6 km que j’ai faite il y a quelques années pour une bonne cause. A cette époque, courir était devenu cathartique, ça me vidait la tête et me permettait de respirer un peu d’air frais. D’ailleurs je courais presque tout le temps en extérieur, comme les vrais: sous la pluie, contre le vent ou au soleil! Une vraie warrior!

Mais maintenant, je suis devenue une snob de la course! Il me faut un tapis dans une salle de gym pour absorber les chocs et protéger mes petits genoux de khâgneuse! Et puis soyons honnête, si je cours encore, ce n’est plus vraiment pour m’échapper de la dure réalité du monde mais plutôt pour tenter d’effacer les effets néfastes du chocolat (leitmotiv…). Snob et superficielle!

Jusqu’à ce jour-où, dans un moment de pure folie mélangée à une légère auto-provocation, je me suis fixée le challenge de courir 10 kilomètres! Oui messieurs, dames. 10! Pas un mètre de plus, pas un de moins! Bien sûr le but était aussi de le faire en un temps à peu près correct et augmenter la moyenne de mes années lycée. J’ai un peu d’ambition quand même!

Me voilà donc lancée sur le tapis avec mes supers baskets neuves qui brillent! Les écouteurs fermement plantés dans les oreilles pour la motivation et le nez collé à l’écran du tapis pour suivre mes progrès. Les 5 premiers kilomètres sont plutôt fastoches. J’ai l’habitude de les courir et je ne peine pas trop. Les problèmes sont arrivés aux alentours de la borne des 8,5 km! Presque une heure que je me pète les reins à courir et je commence à me demander quel est le but de ce challenge vide de toute substance… Voir si en cas d’attaque de zombies j’aurais la condition physique nécessaire pour les semer? Tenter une expérience chromatique sur les variations de rouge de mon visage? Aujourd’hui encore je ne suis pas vraiment sure si ce n’est que je dois aimer me torturer un peu…

Je regarde autour de moi pour passer le temps pendant ce dernier kilomètre et aussi pour me comparer aux autres masochistes de la salle de sport. Je suis loin d’être la plus lente ou la plus molle mais je suis certainement la plus rouge! Mes joues tirent méchamment sur le bordeaux et si je continue comme ça je risque à tous les coups de finir lie de vin!

Allez! Encore 500 mètres! Tu peux le faire gamine! Sois forte! Regarde loin devant comme si le ruban de la ligne d’arrivée était là tout près! N’oublie pas de respirer! Ne pense pas à tes ampoules aux pieds! Ça y est, c’est la fin! 10 km en 1h et 6 minutes! Bravo! Toute la salle est fière de toi et tout le monde applaudit ta réussite (on a le droit de rêver?)

Quel autre meilleur moyen de célébrer ma prouesse sportive que de déguster un bon petit cupcake? Promis, demain je l’élimine les baskets aux pieds!

… je me suis habillée en businessgirl

14 Sep

Commençons par une définition toute personnelle de la businessgirl:

(n.f.) Individu travaillant du lundi au vendredi devant un ordinateur dans un bureau de la City. Trait particulier: porte un tailleur jupe ou pantalon grisâtre et terne accompagné d’escarpins noirs sans style. Balade son ennui de la salle de réunion à la photocopieuse en passant par la machine à café. Rêve de voyages et de cocktails en happy hours!

La businessgirl et la prof ont pas mal de points communs: les collègues parfois sympas ou parfois insupportables, les réunions toujours chiantes, la machine à café comme hub de la vie sociale et les rêves de cocktails et de voyages (c’est d’ailleurs pour ça qu’on se casse la tête à partir en voyage scolaire avec 50 adolescents en état d’excitation intense!) Mais ce qui nous sépare fondamentalement est la tenue vestimentaire. Jamais, oh grand jamais ai-je vu des collègues en costumes 3 pièces et autres tailleurs classiques, même lors de grandes occasions, c’est-à-dire les jours d’inspection! Au mieux on sortira une veste à peu près bien taillée ou des chaussures en cuir plutôt que des baskets mais il faut bien s’avouer que les profs ne sont pas réputés pour leur classe et leur sens du style…

Contrairement à la France, je vis dans un pays où l’uniforme est toujours très important. Les enfants doivent en porter un jusqu’à la fin du lycée avec plus ou moins de grâce! Imaginez un groupe de boutonneux qui ne parlent que de jeux vidéo ou de sport déguisés d’une cravate bleue et d’un blazer mal coupé! On se dit ici que l’habit fait le moine donc si on force nos enfants à s’habiller comme des mini-avocats ou mini-banquiers, ils ne peuvent que bien tourner! Une chose est sure, même si lorsque je revois mes photos d’adolescente en baggy et DC shoes une légère nausée m’attaque, au moins je m’habillais comme je voulais. Je ne regrette pas mes choix douteux et même si je suivais aussi les critères particuliers d’un groupe auquel je voulais appartenir au moins j’avais choisi celui qui n’avait pas de Buffalo aux pieds!

Cet endoctrinement par la cravate commence donc dès le plus jeune âge et les adultes doivent bien entendu continuer cette tradition. Promenez-vous dans la City un lundi à l’heure du déjeuner et vous verrez une belle procession d’épaules carrées et de jupes au dessous du genou!

Le jour où j’ai dû me rendre à un entretien d’embauche, je n’ai pas eu d’autre choix que de sortir l’attirail de la businessgirl! J’aime mettre des robes, des petits talons, des trucs en soie et en dentelle, des petites fleurs ou des gros pois, des rayures marines et même du tweed! Bref, j’aime être dans des fringues qui me correspondent sans qu’on me dise que ce que j’ai sur le dos n’est pas approprié à la situation! Alors le jour où il a fallu m’habiller selon des attentes bien précises, je n’ai pas kiffé la vibe!

J’ai cherché dans ma garde-robe… cherché… pas trouvé tout de suite… et finalement je me suis décidée.

J’ai un pantalon noir à pinces et une veste noire de tailleur avec des boutons dorés qui devraient faire l’affaire. Jamais de la vie je ne les aurais mis ensemble parce que je ne veux justement pas ressembler à une pingouine! Mais là, il va bien falloir se lancer! Ok, le cadre est posé. Maintenant qu’est-ce que je mets sous cette veste? Mon haut en dentelle? Non. Mon débardeur à petites fleurs? Si on voit mes épaules on ne va jamais vouloir de moi! Un chemisier blanc tout simple? Je n’en ai pas! Finalement ça sera un t-shirt rose pale basique et tout sauf choquant.

Et les chaussures? J’ai bien une paire d’escarpins noirs mais ils ont le bout brillant… Ça va être trop clinquant! Bon alors pourquoi pas cette paire de salomés noirs qui sont si beaux quand je les mets avec une robe? C’est un peu du gâchis de les cacher sous l’ourlet de mon pantalon et je n’ai pas l’habitude de les mettre pour plus de quelques heures le temps d’une sortie mais ils sont en bon état et j’ai vraiment l’air d’une dame avec!

Me voilà donc prête pour l’entretien!

Je suis en route pour la City. Il ne me manque qu’une petite mallette mais sinon je me fonds complètement dans le décor!  Personne ne se retourne sur mon passage pour me montrer du doigt et me traiter d’imposteur. L’entretien se passe bien et je décroche le job. Je me dis que finalement cet uniforme passe-partout pourrait avoir du bon! On donne l’illusion d’être compétente et surtout on n’a pas besoin de trop réfléchir le matin pour s’habiller. Il suffit d’utiliser la base du tailleur, de changer le haut et le tour est joué!

Je suis plutôt contente de moi et je commence à réviser sérieusement mes a priori sur l’uniforme!

J’aurais dû savoir que ce changement d’opinion n’augurait rien de bon! Au moment de reprendre mon train pour rentrer à la maison, j’ai été victime d’un moment à la Carrie Bradshaw dans le générique d’ouverture de Sex and the City. Elle se balade tranquillement dans les rues de New York, fière et heureuse de sa tenue quand tout à coup un bus l’éclabousse! Remplacer le bus par un escalier un peu étroit et des talons trop hauts et vous me verrez pendant un court instant descendre ces escaliers la tête haute jusqu’à ce que je me vautre royalement devant le quai bondé…

C’est décidé. Le tailleur pantalon-talons ce n’est pas pour moi! Désormais je ressors mes ballerines Repetto et mes petites robes et tant pis pour l’uniforme!

… je me suis réveillée à 4h27

6 Sep

J’avoue: je ne suis pas une lève-tôt, je déteste le matin et en général mon cerveau n’atteint son plein régime qu’aux alentours de 10 heures. D’ailleurs, à l’instant-même où j’écris, il est 10h56 et après avoir procrastiné pendant un petit moment, je me mets enfin à faire quelque chose d’utile.

Depuis ma naissance, on me dit que je suis une grosse dormeuse. Plutôt sympa pour mes parents: je mangeais, je dormais et je n’ennuyais personne. J’ai arrêté de grandir depuis longtemps, mais je continue à croire (et non pas croître) que mes 10 heures de sommeil quotidien entretiennent la solidité de mes os et la fraîcheur de ma peau! Certes, je me réveille avec les traces de l’oreiller en pleine face mais je garde quand même un teint de pêche!

Quand j’étais lycéenne, tous les matins, c’était la même torture qui se répétait.  En guise de réveil,  je programmais ma super mini-chaîne HI-FI bleue avec mon CD préféré, mais rien à y faire: je n’arrivais pas à m’extirper de ma couette. Mon lit était trop doux et moelleux, un vrai paradis douillet. Et puis dehors il faisait froid et gris, il fallait prendre le bus et faire des interros et bouffer à la cantine et tout recommencer, tous les jours. Je ne vous raconte pas le nombre de fois où mon frère à dû retenir le bus pour moi. J’ai même touché le fond le jour où j’ai dû mettre ma brosse à dents dans mon cartable pour me brosser les dents à la récré de 10 heures! Non, vraiment, mon lit était bien plus accueillant!

Aujourd’hui rien n’a changé. Le monde du travail est tout aussi cruel avec une lève-tard. Et puis je suis prof alors il faut croire que finalement j’aime bien cette routine matinale masochiste! Si par malheur j’ai cours de 8h à 10h, mes élèves peuvent être sûrs de voir mon zombie complètement à la plaque et aveugle face à leurs tentatives éhontées de pompe! Je suis en mode pilote-automatique jusqu’à ce que la lumière du jour finisse par enclencher mon bouton ON.

Qui dit grosse dormeuse, dit grosse rêveuse. Un de mes amis me disait il n’y a pas si longtemps, que notre inconscient qui s’exprime dans nos rêves est sain et nous aide à nous faire avancer. Je veux bien le croire mais en ce  qui me concerne, ma saleté d’inconscient est plutôt en train de me faire avancer au ralenti parce qu’il me réveille régulièrement en plein milieu de la nuit à coups de rêves tristes, frustrants ou alors mettant en scène mes amis en pleine teuf, ce qui réveille ainsi une certaine nostalgie et manque du pays. Je sais, écouter les autres parler de leurs rêves, c’est chiant. Ce qui est plus intéressant (j’espère!), est ce qu’on fait une fois réveillé à cause d’un rêve et que l’horrible décompte du temps qu’il nous reste à dormir avant la sonnerie du réveil s’est enclenché…

Angoisses nocturnes: Acte 1.

Hier, mes paupières se sont ouvertes à 4h27 (oui, la première chose que je fais quand je me réveille et qu’il fait encore noir est de regarder l’heure sur mon portable. S’il annonce une heure odieuse comme 4h27, le choc est tel que cela me reste gravé dans la mémoire). Mais pourquoi? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça? Et surtout, qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire pour me rendormir? Je tombe encore de sommeil mais la lumière blafarde de l’écran de mon i-phone m’a un peu trop stimulée et maintenant mon taux de mélatonine (ou hormone du sommeil pour les non-scientifiques!) a augmenté juste assez pour me titiller le cerveau.

Dans ce cas-là, plusieurs options s’offrent à moi.

1) J’écoute le podcast d’un animateur à la voix profonde qui me lit une petite histoire et me rendort direct. Le risque: si l’histoire est intéressante, je vais avoir envie d’en écouter plus et là j’oublie toute idée de me rendormir dans la demi-heure qui suit.

2) Je joue au “jeu du P”. Le principe: trouver tous les mots qui commencent par une même lettre choisie au hasard. La première fois que j’ai joué à ce jeu avec une amie que je ne nommerai pas (Claire tu te reconnaîtras toute seule), nous avons cherché tous les mots qui commençaient par P pendant une journée complète de désœuvrement estival. Depuis, j’utilise quelques variantes. Si je suis en forme (ce qui est quand même rare à 4h27 il faut bien se l’avouer), je fais ce jeu en espagnol ou même en allemand en cas de force majeure! Le risque cette fois est que j’essaie de me remémorer mes cours de langues et de savoir si on met le datif ou l’accusatif après ce mot ou alors si c’est du masculin ou du féminin. Et puis comment on forme le subjonctif déjà en espagnol? Et là, la tronche de ma prof d’espagnol du lycée me revient et c’est le cauchemar assuré! Dangereux…

3) Si le rêve qui m’a réveillée était cool, j’essaie d’y retourner et de continuer le récit. Je me crois dans Inception mais malheureusement je n’ai pas vraiment de dons d’architecte et là, je me mets à penser à une autre amie qui elle est architecte et vachement forte en orthographe et qui arriverait surement à m’aider avec mon problème de micro-insomnie.

En somme, ces trois méthodes testées et approuvées ont toutes leurs risques inhérents et il va falloir être courageuse et ne pas craindre d’affronter les forces maléfiques de la nuit si je veux compléter mes 10 heures de sommeil.

Après une longue réflexion (je pense lentement la nuit et le rendement n’est pas toujours satisfaisant… la preuve…), je me dis que ce babillage intérieur pourrait être un sujet amusant pour mon blog mais à cet instant commencent les vrais problèmes! Je me mets à écrire dans ma tête l’article idéal. Je suis à deux doigts d’éclairer toutes les lampes de ma chambre et de mettre mon ordi en route avec luminosité version désert marocain. Oh et si je disais ça, ça serait drôle? Et puis il faut à tout prix que je case une référence à ma vieille prof d’espagnol relou! Stop! Trop de stimulation. Calmos le cerveau! C’est l’heure de se rendormir!

Finalement, cette nuit-là, j’ai décidé d’opter pour la méthode du “jeu du P” avec la lettre S (et tant pis pour l’article idéal!).

Sommeil, Somnambule, Sommeiller, Stupide, Sleep, Somnoler, Snore, Siesta, Somme, Snooze, Sleepy…

Cherchez l’intruS!

… un punk a acheté un lapin en chocolat

30 Aug

Il y a quelques jours, alors que je me trouvais dans le tram pour rentrer chez moi et que je m’ennuyais ferme, j’ai eu la chance d’être témoin (témouine au féminin?) d’une scène bien drôle. Drôle ou alors complètement dérangeante!

Par nature, le tram n’est pas vraiment un lieu amusant. Tout le monde se bat pour avoir un siège, on se fait régulièrement écraser les orteils lorsque l’engin freine brutalement et toutes sortes d’énergumènes profitent du voyage pour être à l’abri de la pluie et du froid (chez moi c’est encore un peu l’hiver). Pour une fois, j’avais réussi à m’asseoir étant donné qu’aucun petit pépé en béquilles et enceint ne réclamait de siège.  J’écoutais tranquillement un morceau de musique quand tout à coup IL est entré. Lui, le punk.

Ne vous méprenez pas. Mon étonnement ne venait pas de sa punkitude. Dans ce quartier, on est plutôt habitué à rencontrer des gens qui sont tout sauf corporate! Mais celui-là était spécial. Il devait avoir dans les 45 ans et comme tout bon punk qui se respecte, il portait un vieux jeans, une chemise rouge à carreaux, un blouson Bomber noir et des Doc à lacets jaunes. Pardonnez mon ignorance si je confond punk et skin. Je sais que la couleur des lacets, la taille des carreaux sur la chemise et la coupe de cheveux à un millimètre près peuvent faire de vous un mec plutôt cool qui écoute de la musique qui arrache les oreilles ou alors un vieux facho qui écoute de la musique qui arrache aussi les oreilles. Celui-là en l’occurrence avait aussi un bel anneau au nez de type bovin. Peut-être ce dernier détail vous permettra d’identifier sa réelle appartenance.

Comme je disais, jusque-là rien de bien étrange. Mais quand je me suis mise à reluquer ce qui se cachait dans son panier à provisions (car oui le punk a aussi faim et va faire ses courses au supermarché en tirant un petit chariot à roulettes comme celui de votre grand-mère), quelle ne fut pas ma joie en découvrant un lapin en chocolat trônant sur le haut du caddie!!! C’est officiel: le punk a un petit faible pour les lapins de Pâques au chocolat au lait. Oubliez que cette scène se passe en plein mois d’août. Oubliez que pour faire passer le temps pendant le trajet, le punk accompagné de son pote commente tous les bars que nous passons à coup de “j’me suis tapé une belle murge ici” et “les filles sont bonnes dans celui-là”. Oubliez tout ça!

LE PUNK AIME LES LAPINS ROSES EN CHOCOLAT!

A partir de ce moment, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire et ce n’était pas l’envie qui m’en manquait de lui demander s’il avait une petite fille à la maison qui faisait une fixation sur les lapins ou si tout simplement il voulait faire plaisir à la petite fille adorable et gourmande qui sommeillait en lui.

Et puis finalement, je me suis arrêtée de sourire et je n’ai pas tenté d’entamer une conversation. Après tout, on ne sait jamais: même avec un cœur tendre et sucré, le punk peut quand même faire un peu peur. Sous le lapin, les flingues?

… j’ai parlé mariage au supermarché

23 Aug

Il y a quelque temps, alors que j’habitais dans une galaxie très lointaine, ou plus simplement une ville perdue en Bourgogne que je garderai anonyme pour ne pas heurter mes anciens concitoyens, je faisais mes courses à l’Intermarché du coin comme presque tous les lundis après-midis. A cette époque, j’avais une vie absolument palpitante!

Je suis arrivée tout à fait par hasard dans le rayon chocolat aux alentours de 16 heures. J’y suis restée plantée pendant presque 10 minutes et j’hésitais fortement entre chocolat noir et amandes effilées ou chocolat au lait et noix de pécan. Un débat interminable entre deux écoles difficilement réconciliables.

Alors que j’étais enfin sur le point d’attraper la tablette qui me faisait finalement le plus envie, un homme d’une soixantaine d’années qui se tenait sur ma gauche s’est adressé à moi:

” Vous êtes mariée Madame?

-Euh moi? Non pourquoi?

-Mais vous portez une bague à l’annulaire gauche!”

En effet, je venais de me fiancer! Le papy avait un bon sens de l’observation et avait dû être attiré par ma bague en argent montée de discrets diamants, délicate, raffinée et au charme légèrement désuet (oui mon chéri l’avait très bien choisie!).

Mais revenons-en à cette conversation tout à fait hors-contexte dans le royaume du cacao.

“En fait, je suis fiancée. Nous allons nous marier dans quelques mois! dis-je avec un grand sourire

-Ah mais vous êtes folle! Ne faites surtout pas ça!”

Ce conseil venait vraiment du fond du cœur! Qu’est-ce-qui avait bien pu le pousser à m’aborder à ce moment-là? Pourquoi a-t-il ressenti l’absolue nécessité de me mettre en garde contre les dangers de la vie matrimoniale?

Je n’ai jamais eu l’opportunité de lui poser ces questions… Sa femme, un peu terne et plutôt desséchée, venait de le rejoindre dans l’allée et lui a dit d’un ton morne et ennuyeux “T’as acheté le papier toilette?”

… j’ai décidé de me lancer

23 Aug

Voilà maintenant quelque temps que je me chatouille le cerveau pour savoir de quelle manière je pourrais commencer à écrire.

Après trois tentatives pour écrire le prochain best-seller français qui ont rapidement tourné à la débandade (peut-on vraiment considérer un document Word de 453 mots comme un Roman avec un big R..? j’en doute fort!), me voici membre de cette grande et mystérieuse blogosphère.

Vous allez me demander: A-t-on réellement besoin d’un énième blog sur fond rose? Mais oui! Bien sûr! Pourquoi? Parce que je pense pouvoir vous divertir avec des billets inspirés de ma vraie vie réelle (ou légèrement fictive.. vous ne saurez jamais!)

Le principe? Parler d’un jour important, mémorable ou complètement barré dans ma vie.

Par exemple: Le jour où… …j’ai décidé de me lancer. Définitivement à ranger dans la catégorie “barré”! Aujourd’hui, vendredi 23 août j’ai enfin le courage et la détermination de me mettre face à mon ordinateur pour commencer ce blog. Vous l’aurez compris, ceci est mon premier essai alors espérons que cette première fois se passe bien et que mes lecteurs soient indulgents!

N’hésitez pas à me contacter ou à laisser des commentaires. Votre avis compte et m’aidera à améliorer l’Acte I de mon œuvre littéraire!